L’album est dans la continuité de Redeption’s son, moins sombre que les deux premiers opus, bien mélodieux comme Echo Park. Voire assez rock comme le très bon Can’t exist. Dans cette galette, j’adore les morceaux Even Tho et Leave Us Alone.
Pour la petite info, Joseph Arthur qui avait déjà réalisé (dessins ou peinture) ses pochettes d’albums, a pour cet album fait bien plus. En effet, lors de ses concerts, il a réalisé des peintures sur scène. Les heureux spectateurs de la tournée « Our shadows will remain the same » ont donc pu découvrir l’artiste musico peinture Jospeh Arthur.
Tracklist : 1. In Ohio / 2. Can't Exist / 3. Stumble and Pain / 4. Devil's Broom / 5. Echo Park / 6. Even Tho / 7. Puppets / 8. Wasted / 9. Failed / 10. I Am / 11. Smile That Explodes / 12. Leave Us Alone /
Linklist : 1. Site officiel /
Bonus : Le Clip de Even Tho
Bonus : Interview datant de Août 2005 lors de la sortie de l’album et à l’occasion d’un concert à la Maroquinerie.
Tu es de retour à Paris après 3 ans d’absence. Ça se passe bien ?
J’aime bien Paris. Je n’ai pas l’impression que cela faisait autant de temps. Je ne sais pas, je me sens bien ici. Je me suis promené pendant plusieurs jours, je suis impatient de revenir en
novembre, pour un concert au Bataclan.
C’est une plus grande salle que la Maroquinerie où tu as joué le 29 juillet dernier.
Oui je sais, j’y ai déjà joué.
Il y a 3 ans justement.
Tu étais en première partie de REM, au début de l’année. Tu as joué en France, mais pas au concert de Paris à Bercy…tu te souviens
pourquoi ?
C’est juste qu’ils m’avaient invité sur une dizaine de dates en Europe, comme en Amérique du Nord. Ils avaient invité aussi plusieurs autres
groupes. J’aurais bien aimé jouer à Bercy, c’est dommage pour moi.
Ton nouvel album Our shadows will remain vient de sortir en Europe, alors que cela fait presque un an aux
Etats-Unis…
… Ce n’est pas plus mal, on a le temps de l’écouter plusieurs fois.
Après In Ohio, la seconde chanson Can’t exist est plus enjouée, plus pop, dans la veine de Let’s embrace ou You’re
so true. C’est assez différent de tes morceaux habituels qui sont généralement plus sombres.
Certaines de mes chansons sont sombres mais je n’ai pas
l’impression de vouloir créer de la musique sombre. Pour You’re so true, je l’ai écrite exprès pour la bande originale du film
Shrek 2. Mais je pense que d’une certaine manière, j’écris toujours de la musique pop. Je ne pense pas que ma musique soit trop
difficile.
Mais un album comme Holding the void est un peu sombre, non ?
Celui-là est un peu plus
rock’n’roll.
Aimerais-tu en produire un autre du même genre, avec même une tournée à la suite ?
Oh oui, je voudrais en
faire un autre, ça serait chouette. Le groupe est génial, Pat Sansone du groupe Wilco à la basse, et René Lopez à la batterie. Ce sont de très bons amis.
Sur ton nouvel album, on entend de nouveaux arrangements, beaucoup de cordes. Le son est beaucoup plus spacieux. Est-ce aussi nouveau pour toi, cette
façon de prolonger ta musique ?
J’ai rencontré un arrangeur, Andrew Sherman, qui a arrangé les
parties de cordes, les a emmenées à Prague pour qu’elles soient interprétées par un véritable orchestre. J’ai eu beaucoup de chance de le rencontrer. Grâce à lui, l’album sonne plus grand.
Quand je t’ai vu sur scène il y a 2 semaines, j’ai aussi noté que ta voix avait changé, tu chantes plus dans les aigus, comme sur le nouvel album.
Comment expliques-tu cela ?
Je ne sais pas, ça doit venir du fait de chanter tout le temps, ça change la voix. Je peux chanter de diverses façons. Mais
sûrement, quand je serai plus vieux, ma voix sera plus grave et râpeuse.
Pendant le concert, non seulement ta voix sonnait autrement, mais aussi les chansons semblaient différentes, comme Speed of light qui avait un
nouveau rythme assez éloigné de la version originale. Passes-tu beaucoup de temps à expérimenter avec tes chansons ?
Plus tu passes du temps en tournée,
plus tu transformes les choses. Parfois je chante Speed of light et ce sera plus comme sur l’album. Mais parfois, j’ai
envie que ça sonne d’une manière très étrange et j’utilise un son de guitare à l’envers. Cela me vient dans l’instant, l’inspiration t’emmène dans une autre direction. De plus, pendant une
tournée, tu dois tout réinventer, sinon tu t’ennuies.
Comment se passe la vie en tournée ? Comment passes-tu tes journées ?
En général, je suis très occupé. Tu
voyages, tu joues les concerts, ça peut être marrant. Tu n’as pas beaucoup de temps libre, c’est sympa.
As-tu le temps d’écrire de nouveaux morceaux ?
Parfois, oui. Par exemple avant les balances.
Maintenant sur scène tu as un synthé, depuis quand tu en joues ?
Ça fait un moment même si je n’en joue pas
souvent. Maintenant j’en ai installé un sur scène, c’est un nouveau synthé qui est assez cool. Il a des boucles de batterie que je peux utiliser pour m’enregistrer. Ça rajoute un petit côté
dance au concert.
Vas-tu toujours jouer seul sur scène ?
J’aimerais bien avoir un groupe ! La dernière fois que j’ai joué au
Bataclan, j’avais ramené un groupe avec moi. Mais je ne sais pas, c’est bizarre.
J’hésite toujours entre vouloir un groupe sur scène et continuer à le faire seul. Je suis sûr que j’aurai un groupe un jour, mais je ne sais pas vraiment s’il sera là, la prochaine fois que je
viendrai à Paris. Je serai sûrement seul sur scène.
Penses-tu y arriver avec un groupe, car tu n’as pas de setlist sur scène ?
J’aimerais que cela reste souple,
c’est bien plus simple en étant seul.
Pendant le concert, tu peins sur scène, depuis quand le fais-tu ?
Oui c’est récent, depuis 2 ou 3 mois environ.
La première fois, c’était à Los Angeles puis la tournée a traversé les Etats-Unis et j’ai continué. Puis récemment on est venus un peu en Europe, toujours en peignant sur scène. Je ne sais pas
encore combien de temps je vais le faire. C’est quelque chose que tu peux faire pour un moment puis t’arrêter. Puis faire autre chose et peut être le reprendre plus tard. Je ne sais pas, ça ne
m’a pas l’air d’être quelque chose que je ferai tout le temps. Mais c’est très sympa, ça a été à la fois excitant et intéressant. Je suis content du résultat.
Pendant le concert, tu regardes souvent la toile en cours. Peux-tu me dire ce qui te passe par la tête durant ces
moments-là ?
En fait, je pense aussi à ce que je vais rajouter à la toile. C’est intéressant parce que quand je pense à la toile alors que je suis en
train de chanter, c’est comme si mon cerveau était un peu plus éteint. Mais il est à la fois plus clair dans la musique et plus clair dans la peinture. C’est un moment de calme. Je pense que
c’est un bon moment.
Est-ce que tu te détaches du public quand tu peins ?
Je pense que c’est vrai, d’une certaine façon. Mais pour
moi, c’est une pause agréable, donc je pense que c’est une séparation avec les spectateurs. Mais c’est aussi une façon de communiquer avec le public à un autre niveau, auquel il n’a pas
l’habitude.
Donc je pense que c’est bien qu’il y ait une pause. En plus cela doit prendre 10 minutes sur toute la durée du concert. De toute façon, je chante en même temps et en plus je communique sur le
plan visuel.
Qu’est-ce que tu fais avec les peintures, une fois le concert terminé ?
On les range, car elles seront bientôt
présentées lors d’une exposition. Et on va aussi en tirer un livre.
Qu’est-ce qui t’inspire dans l’art, qui sont les peintres qui t’ont inspiré ?
L’Art Brut est le courant que je
préfère. Je pense à des peintres comme Dubuffet que j’aime beaucoup mais aussi Basquiat que je trouve génial. J’aime aussi Picasso, parfois il était aussi en marge. J’aime des peintres comme
Jackson Pollock, Frantz Kline, De Kooning, plutôt des peintres primitifs. J’aime quand il y a de la violence et de la saleté dans les peintures, et une sorte d’énergie qui s’en dégage.
Donc tu reviens à Paris bientôt ?
Bien sûr, c’est déjà planifié, je crois que tu peux même déjà acheter les
billets…
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